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Matelot Yann-Marie COLAS. « Réserviste ? Un enrichissement de tous les jours »

Comme Yann-Marie, qui s’est proposé au jeu de l’interview de lui-même en écrivant à marinsduponant@yahoo.fr, n’hésitez pas à prendre contact avec nous pour évoquer votre parcours dans la réserve militaire afin de participer au rayonnement des réservistes de la Marine nationale.

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Quel était votre rapport à l’armée avant votre intégration dans la réserve  ?

 Avant mon intégration dans la réserve, mon rapport à l’armée était très étroit. En effet, mon père, qui était aumônier à ALFAN Brest, m’a réellement transmis le goût du métier. Ayant été bercé depuis très jeune par le milieu maritime, j’ai toujours eu un lien me maintenant à proximité de la Marine. Par la suite, après quelques années, je me suis intéressé aux différentes manières de développer mon engagement. Tout d’abord la JDC, à travers laquelle j’ai pu m’entretenir avec un réserviste à l’issue de celle-ci, qui me conseilla de me renseigner sur la PMM. Une fois quelques renseignements pris, je retirai mon dossier, après quoi je fus orienté vers le centre PMM de Morlaix. La PMM en trois mots : Expérience, Enrichissement et Cohésion. La PMM a permis de se développer tous ensemble, tous d’horizons différents. C’est après quoi, j’ai intégré la réserve en tant que guide de la Base Navale de Brest.

Comment-êtes-vous entré en contact avec la réserve ? Avez-vous été sollicité ? Est-ce que vous qui avez réalisé cette démarche ? Comment s’est déroulé ce contact ? 

 Le contact avec la réserve s’est effectué via la PMM, durant laquelle il nous est proposé de devenir réserviste. Etant alors dans l’optique de continuer à développer le lien Armée-Nation auquel je suis très attaché, j’ai tout de suite été intéressé d’intégrer la réserve. J’ai alors constitué un dossier avec l’aide des cadres de la PMM, après quoi, j’ai intégré la réserve en 2014 sur « ID », intégration directe.

 

Quel est votre rôle, votre fonction dans la réserve ? Pouvez-vous le décrire plus amplement ? Quelle est la nature de cet engagement (ESR, Réserve opérationnelle…) ? Combien de jours cela vous prend sur une année ? Quelles sont vos missions ? Est-ce que cela vous plaît ?

 Je suis actuellement Guide de la Base Navale de Brest, qui est placé sous la spécialité de SEGER. J’ai signé pour un ESR, qui m’engage pour 3 ans à servir 24 jours par an.

En effet, la Base Navale de Brest est visitable durant les vacances d’été, de Pâques, et de la Toussaint, et durant ces périodes, je suis chargé de faire visiter la base aux personnes souhaitant voir « la forteresse » pour reprendre les mots d’un visiteur. Ce poste a permis de développer chez moi certains aspects. D’une part, la prise de parole à l’oral, exercice auquel je me contraignais avant ce poste, qui est devenu quelque chose de plus naturel désormais. En effet, prendre la parole devant des groupes comptant jusqu’à 40 personnes, n’est pas chose simple en sortant du lycée ! D’autre part, j’ai développé une « Culture Marine », au travers de récits, de livres, ce qui est un élément essentiel si l’on veut savoir de quoi on parle, et pouvoir répondre aux questions des visiteurs, même si l’on ne peut répondre à tout !

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Comment est-ce que votre entourage (famille, proches, collègues de travail…) perçoit votre engagement en particulier et votre engagement en général ?

 Au niveau de mon entourage, mon engagement a été très bien perçu d’une manière générale, bien que je sois très souvent questionné sur le statut de réserviste, qui est, il faut le dire, assez particulier et peu connu.

Quel rapport faites-vous entre votre métier dans le civil (si vous êtes toujours actif) ou vos occupations bénévoles et votre rôle de réserviste ?

Etant étudiant en Droit et candidat à l’entrée en IEP, la réserve m’apporte beaucoup. En effet, il m’arrive très souvent de faire le lien entre mes connaissances acquises aussi bien en PMM qu’en tant que réserviste avec mes cours et mes examens, et ce très souvent. Aussi bien sur des sujets de droit international et le maintien de la paix que sur les délimitations du territoire maritime de l’Etat, les exemples ne manquent pas. Par ailleurs, les qualités organisationnelles ainsi que le sens des responsabilités, ou encore l’adaptation, sont des qualités acquises grâce à cet engagement, et qui servent dans la vie de tous les jours.

Avez-vous déjà convaincu des personnes de s’engager dans la réserve ? Si oui, lesquelles et comment ?

 J’ai en effet renseigné des personnes sur la réserve et sur la PMM. En effet, les questions sur notre parcours sont très récurrentes lors de nos visites, et il arrive d’en parler régulièrement aux visiteurs intéressés.

A ce jour, j’ai connaissance que deux visiteurs avec qui j’avais discuté ont intégré une PMM. De plus, dans mon cercle d’amis, un ami a intégré une PMM l’année dernière, un autre doit rentrer cette année en tant que réserviste opérationnel en gendarmerie, un autre dans l’armée de terre, mais pas de marin réserviste à ce jour !

 

Rencontrez-vous des difficultés dans l’exercice de vos fonctions ?

 Je ne pense pas que l’on puisse parler de difficultés, mais il arrive que l’on rencontre des cas assez atypiques lors des visites, auxquels nos cadres nous ont appris à réagir.

Quelles actions vous semblent nécessaires à mener pour mieux inscrire la réserve citoyenne ou opérationnelle dans la société dans son ensemble ?

 Ceci n’est qu’un avis très personnel et qui n’engage que moi, mais la réserve, qu’elle soit opérationnelle ou citoyenne, reste encore peu connue de tous. Pour ne citer qu’un exemple, je n’ai découvert la réserve qu’à partir de ma PMM. J’entends par là que dans des évènements comme la Journée de Défense et de Citoyenneté, on n’en parle pas alors qu’on devrait, et cela m’interpelle pour une journée Défense et Citoyenneté. Je pense qu’il faudrait accompagner ne serait-ce qu’un peu plus, la société vers cet engagement encore trop peu connu.

Cependant, je tiens à souligner que certains évènements mis en place, à savoir la JNR par exemple, se développent, ce qui est un réel plus pour informer le grand public. En effet, la JNR qui s’est déroulé l’année dernière à Brest, qui était dans les locaux d’une université, m’a permis de me renseigner sur la réserve alors que je n’étais que préparationnaire.

Des défis à l’avenir ?

Tout d’abord poursuivre mon engagement de réserviste, puis j’ai pour objectif d’intégrer un cursus EOPAN, au travers d’un concours en parallèle de mes études, ce qui m’amènerait à intégrer l’active. Le cas échéant, poursuivre la réserve en mettant à disposition mes possibles compétences futures.

 Propos recueillis par LV(R) Mikaël Cabon

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